Le nouveau bureau du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) a été officiellement installé pour un nouveau mandat dédié à la défense des libertés et à la protection des journalistes en République de Guinée. La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants des autorités guinéennes, de l’Union européenne, de la CGE-GUI, du patronat de la presse, pour ne citer que ceux-là.
Encore une fois, le choix a été porté sur Sékou Jamal Pendessa pour conduire le SPPG au bénéfice de l’ensemble des professionnels des médias. Dans son discours de prise de fonctions, le Secrétaire Général s’est montré déterminé à mener le combat pour la liberté de la presse, la réouverture des médias fermés et la recherche des journalistes portés disparus — notamment Habib Marouane Camara et le père de Mamadou Babila Keïta. Le nouveau bureau s’engage également à œuvrer pour l’application effective de la convention collective et la mise en place d’une couverture sanitaire pour la corporation.
Nous vous proposons l’intégralité du discours prononcé par le Secrétaire Général du SPPG, Sékou Jamal Pendessa. Lisez !
« Je disais, monsieur le représentant du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Information, monsieur Tchenguel Diallo,
Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique,
Mesdames et messieurs les responsables des centrales syndicales et fédérations syndicales,
Monsieur le représentant du patronat, M. Sidiki,
Mesdames et messieurs les représentants des organisations patronales de presse,
Mesdames et messieurs les représentants des journalistes,
Mesdames et messieurs les anciens secrétaires généraux du SPPG, le général pionnier Sidi Diallo et le général Djély Guirassy,
Mesdames et messieurs les membres fondateurs du SPPG,
Mesdames et messieurs les représentants des antennes régionales du SPPG,
Mesdames et messieurs les représentants des associations de journalistes,
Chers parents,
Chère mère Hadja Oumou Mandi,
Ma chère épouse Mariam et mes filles,
Permettez-moi, avant toute chose, d’avoir une pensée profondément fraternelle pour notre doyen, le général Amadou Diallo de la CNTG, à qui nous souhaitons un prompt rétablissement.
Je voudrais également rendre un hommage appuyé à la mémoire de tous nos regrettés, dont le doyen Diallo Souleymane de Le Lynx, et le général Abdoulaye Sow de l’USTG, récemment arrachés à notre affection. Leur engagement en faveur de la liberté de la presse et de la solidarité professionnelle demeure une source d’inspiration pour la corporation des journalistes et le mouvement syndical guinéen.
Mesdames et messieurs,
L’événement qui nous réunit ici dépasse largement le simple cadre protocolaire d’une cérémonie d’installation. Il marque le début d’un nouveau mandat placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité, de la solidarité et de l’action.
C’est un mandat placé sous le slogan « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ». Ce n’est pas un simple slogan : c’est une vision, c’est un appel, c’est une responsabilité partagée, car le renouveau de la presse guinéenne ne dépend pas uniquement du syndicat. Il interpelle les autorités publiques, les employeurs de médias, les journalistes, les partenaires techniques et financiers, les organisations professionnelles, ainsi que l’ensemble des citoyens.
Nous avons tous une responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable ; une presse capable d’informer avec rigueur, de contrôler l’action publique avec responsabilité, de promouvoir la paix sociale et de contribuer au développement national.
Mesdames et messieurs,
Une démocratie forte ne peut prospérer sans une presse libre, et aucun pays ne peut prétendre accélérer son développement sans garantir aux citoyens un accès à une information à la fois indépendante, pluraliste et fiable.
La liberté de la presse n’est donc pas un privilège accordé aux journalistes : elle constitue un droit fondamental des citoyens. Elle renforce la transparence, elle favorise la bonne gouvernance, elle contribue à la lutte contre la corruption, elle rassure les investisseurs, elle consolide la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Investir dans la liberté de la presse, c’est donc investir dans le développement durable de notre pays.
Mesdames et messieurs,
Notre cérémonie est également porteuse d’espoir : l’espoir de voir reprendre un dialogue constructif entre les autorités et les acteurs des médias ; l’espoir de voir rouvrir les médias qui demeurent fermés, afin que des centaines de professionnels retrouvent leur emploi, leur dignité et leur rôle dans la société ; l’espoir également que toute la lumière soit faite sur des disparitions inquiétantes, dont celles de nos confrères Habib Marouane Camara et Cissé, ainsi que le père du journaliste Mamadou Bilo Keïta. Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit.
Mesdames et messieurs,
Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne, c’est aussi assainir notre propre maison. C’est pourquoi le Bureau National fera de l’adoption de la convention collective une de ses priorités majeures. Cette convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse. Bien au contraire, elle constitue une garantie de stabilité, de professionnalisation, de prospérité pour l’ensemble du secteur. Aux employeurs qui nourrissent encore des inquiétudes, je voudrais dire ceci : le SPPG ne mène aucune croisade contre les entreprises de presse. Nous savons que des médias solides sont indispensables à la protection durable des emplois. Notre ambition est simple : créer un cadre équilibré où les droits des travailleurs sont protégés sans compromettre la pérennité économique des entreprises. Un salarié correctement rémunéré, protégé socialement, bien formé et respecté est plus motivé, plus productif et davantage engagé au service de son entreprise. Comme l’écrivait Dale Carnegie en citant Bill Gates : « Prenez soin de votre personnel et vos affaires se porteront bien. » Je formule donc le vœu que nous puissions franchir ensemble cette étape historique dans l’esprit de confiance mutuelle.
Mesdames et messieurs,
La question de la couverture sanitaire des professionnels des médias demeure également une urgence. Trop de journalistes et techniciens tombent malades sans pouvoir accéder à des soins de qualité. Nous ne voulons plus que la maladie conduise nos confrères à exposer leurs souffrances sur les réseaux sociaux à travers des appels désespérés à la solidarité. Chaque professionnel mérite de recevoir des soins dans la dignité. Le SPPG poursuivra donc son plaidoyer afin qu’un véritable mécanisme national de protection sanitaire soit mis en place au bénéfice des professionnels des médias. Nous saluons à cet égard le Fonds de Développement Social et de l’Indigence pour son accompagnement dans la prise en charge des dossiers que nous avions soumis à sa direction en 2023.
Mesdames et messieurs,
Durant ce mandat, notre action s’articulera autour de plusieurs priorités stratégiques :
- Poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés ;
- Promouvoir une législation moderne garantissant davantage la liberté de la presse et la protection des journalistes ;
- Accélérer l’adoption de la convention collective ;
- Renforcer la formation continue des journalistes et techniciens sur toute l’étendue du territoire national ;
- Poursuivre les actions de moralisation de la profession et promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux ;
- Rechercher des mécanismes de financement favorisant le journalisme d’investigation, indispensable à la transparence et à la bonne gouvernance ;
- Améliorer les conditions sociales et sanitaires des professionnels des médias ;
- Renforcer les relations internationales du SPPG afin de développer des partenariats utiles au rayonnement de la presse guinéenne.
À ce niveau, je voudrais exprimer notre profonde gratitude au PNUD, au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et à l’ensemble de nos partenaires dont l’appui nous a permis d’organiser des sessions de formation dans toutes les régions administratives du pays et à Conakry.
Mesdames et messieurs,
Le Bureau National que vous installez aujourd’hui est pleinement conscient de l’ampleur de la mission qui l’attend. Nous ne promettons pas des miracles, nous promettons du travail, nous promettons de l’écoute, nous promettons de la responsabilité et de la disponibilité. Nous promettons de défendre sans relâche les intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs des médias. Mais notre réussite dépendra de chacun de nous. L’avenir de la presse guinéenne ne se construira ni dans les divisions, ni dans les querelles de personnes : il se construira dans l’unité, le dialogue, la responsabilité et le respect mutuel. Ensemble, faisons du SPPG une organisation toujours plus forte. Ensemble, redonnons confiance aux professionnels des médias. Ensemble, bâtissons une presse libre, responsable, indépendante et prospère au service exclusif du peuple de Guinée.
Mesdames et messieurs,
Avant de conclure, permettez-moi d’exprimer quelques mots à titre personnel. Le 25 juin dernier, les congressistes venus de Conakry ainsi que ceux des sept régions administratives de notre pays ici présents ont tous choisi de renouveler leur confiance à l’équipe que j’ai l’honneur de conduire. Cette confiance nous touche profondément, mais elle ne constitue ni un privilège, ni un motif de triomphalisme. Elle représente avant tout une responsabilité immense. Nous mesurons parfaitement les attentes qui s’attachent à ce nouveau mandat. Nous savons que les défis sont nombreux, parfois complexes, mais nous sommes convaincus qu’avec l’engagement de tous, rien n’est hors de notre portée.
Je voudrais saluer le travail accompli par le Bureau National sortant. Durant ces cinq dernières années, malgré les difficultés, les crises, les incompréhensions et parfois les sacrifices personnels, nous avons ensemble fait progresser le SPPG. Nous avons reinforced sa crédibilité, consolidé son indépendance et porté haut la voix des professionnels des médias, aussi bien en Guinée qu’à l’international. Ces acquis constituent un socle sur lequel nous devons continuer à bâtir.
Je tiens également à remercier tous les journalistes, techniciens, correspondants, responsables des antennes régionales, sous-préfectorales et préfectorales du SPPG, partenaires et sympathisants qui, souvent dans l’ombre, contribuent chaque jour à faire vivre notre organisation. Votre engagement est la véritable force de notre grande famille syndicale.
Aux camarades du nouveau bureau, je voudrais adresser un message simple : notre élection ne doit pas nous éloigner de la base. Elle doit au contraire nous rapprocher davantage des préoccupations quotidiennes des professionnels des médias. Nous avons été élus pour servir et non pour être servis. Nous avons été élus pour écouter, rassembler, proposer et agir. Le mandat que nous recevons aujourd’hui est un mandat de responsabilité, de disponibilité et d’exemplarité. Notre conduite devra inspirer confiance, nos décisions devront être guidées par l’intérêt supérieur de la profession. Notre seule boussole devra être la défense des droits, de la dignité et de l’avenir des travailleurs des médias.
J’en appelle également à tous les journalistes de Guinée. Au-delà de nos sensibilités, de nos appartenances ou de nos différences, nous partageons une même vocation : informer avec honnêteté, courage, professionnalisme et responsabilité. Préservons cette unité, cultivons la solidarité, refusons les divisions qui affaiblissent notre profession. Ensemble, nous serons toujours plus forts que ces failles.
Enfin, je voudrais lancer un appel respectueux aux autorités de notre pays. Le SPPG restera un partenaire républicain, responsable et constructif. Chaque fois que l’intérêt supérieur de la Nation l’exigera, nous privilégierons le dialogue. Mais chaque fois que les libertés fondamentales, les droits des journalistes ou la liberté de la presse seront menacés, nous assumerons avec responsabilité et dans le strict respect des lois de la République notre mission de défendre les professionnels des médias. C’est cet équilibre entre dialogue et vigilance qui guidera notre action durant les cinq prochaines années.
Que Dieu bénisse la Guinée, qu’Il protège les journalistes et qu’Il inspire chacune et chacun d’entre nous dans cette noble mission au service de la vérité, de la démocratie et de notre pays.
Je vous remercie. »
Par flammeguinee.com






