Dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du président de la République, le général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, et du déploiement du programme Simandou 2040, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à travers le Fonds Spécial d’Investissement a procédé, ce mercredi 9 septembre 2026 dans un réceptif hôtelier de la place, à la tenue de l’atelier de restitution pour valider les bases techniques du projet de création du Fonds Souverain de Guinée (FSG).

​C’est le Premier ministre, Amadou Oury Bah, Chef du gouvernement, qui a présidé la cérémonie d’ouverture officielle des travaux. L’événement a réuni une importante délégation gouvernementale, les partenaires techniques et financiers, le patronat, ainsi que Lionel Zinzou, ancien Premier ministre du Bénin.

​Intervenant en qualité de coordonnateur des travaux, Ibrahima Kalil Guèye, directeur général du Fonds Spécial d’Investissement (FSI) — institution chargée de piloter le processus —, a présenté le bilan des études conduites par les cabinets conseils, en synergie avec les services techniques de l’administration et les institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI).

​Ce projet stratégique vise à doter la Guinée d’une institution d’investissement conforme aux normes internationales, notamment les Principes de Santiago. Les travaux menés ont permis d’aboutir à neuf livrables techniques majeurs :

  • Étude de faisabilité juridique : analyse comparative et conformité au droit national et international.
  • Benchmark international : étude comparative axée sur la gouvernance, la politique d’investissement et la transparence.
  • Modèle institutionnel : définition des organes de décision, d’orientation et de gestion opérationnelle.
  • Modèle financier : simulations pluriannuelles des flux d’alimentation, règles de retrait et trajectoires de capitalisation.
  • Carte d’identité du FSG : définition du statut juridique, de l’objet social et du périmètre d’action.
  • Cadre de gouvernance : mécanismes de contrôle interne, d’audit et de reddition des comptes.
  • Politique d’investissement et de risques : allocation stratégique des actifs et tolérance aux risques.
  • Textes juridiques : projets de lois et décrets de création et d’opérationnalisation.
  • Dispositif de recrutement : critères d’indépendance et de compétences pour la future équipe dirigeante.

​Structuré autour de trois compartiments (développement, stabilisation et épargne intergénérationnelle), le fonds répond aux exigences de soutenabilité des finances publiques tout en préparant la gestion des revenus issus des grands projets nationaux. Cet atelier vise à recueillir les observations finales des parties prenantes afin de stabiliser les paramètres restants avant le lancement effectif.

De son côté, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mme Mariama Ciré Sylla, a souligné la portée historique de cette initiative :

​« La Guinée est en train de poser un acte fondateur en réunissant les hautes autorités de l’État, les directions techniques, ainsi que nos partenaires du secteur privé et financier pour ouvrir la voie à la création du Fonds souverain de Guinée. Ce fonds est l’expression directe de la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qui a souhaité répondre à une question fondamentale : à qui profite notre richesse minière, et pour combien de temps ? »

​La ministre a rappelé que la Guinée s’inspire de modèles internationaux réussis comme la Norvège (pétrole), le Botswana (diamant) ou le Nigeria. « Une ressource naturelle n’est pas inépuisable. Ce qui est inépuisable, c’est l’institution qui en gère les fruits », a-t-elle affirmé.

​Mme Mariama Ciré Sylla a détaillé les trois piliers sur lesquels reposera le FSG :

  1. Financer le développement : convertir les revenus miniers en infrastructures, accès à l’éducation, services de santé et emplois pour la jeunesse à travers les régions.
  2. Stabiliser les finances publiques : servir d’amortisseur budgétaire face à la fluctuation des cours des matières premières.
  3. Épargner pour les générations futures : préserver une partie des revenus au bénéfice des générations à venir.

​S’appuyant sur l’entrée en phase opérationnelle du gisement de Simandou — avec une production attendue de 120 millions de tonnes d’ici 2028 — et sur des perspectives de croissance économique solides, la ministre a mis en avant l’amélioration de la notation souveraine du pays (B+ avec perspective positive) et l’accord conclu avec le FMI en août dernier sur une Facilité élargie de crédit (FEC) de 435 millions de dollars sur 41 mois.

​Pour garantir les meilleurs standards, l’élaboration du cadre institutionnel a été confiée aux cabinets SouthBridge (architecture financière), Allen & Overy / Shearman & Sterling (cadre juridique international) et Sylla & Partners (droit national). La démarche bénéficie également du suivi du Comité stratégique de Simandou et de l’implication du ministère du Plan et de la Coopération internationale.

​« Ce fonds envoie un signal fort : la Guinée construit des institutions qui protègent les investissements autant qu’elles protègent les intérêts de son peuple. Les Guinéens d’aujourd’hui espèrent voir les retombées de ces richesses dans leur quotidien, et ceux de demain nous jugeront sur ce que nous mettons en place pour eux aujourd’hui », a conclu la ministre.

Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur l’exigence de responsabilité qui incombe à l’État dans la gestion de ces ressources nationales :

​« La création du Fonds Souverain de Guinée engage notre capacité à administrer la richesse nationale avec discipline, à protéger nos équilibres économiques et à préparer l’avenir au-delà des cycles d’exploitation minière. Sous l’autorité du président de la République, la Guinée a choisi de reprendre la maîtrise de son destin économique. »

​Le Chef du gouvernement a rappelé que les retombées du programme Simandou 2040 ne devront jamais être absorbées par les seules urgences du quotidien, mais servir à la diversification économique, à la résilience face aux chocs et à la constitution d’un patrimoine durable pour les générations futures.

« Le fonds devra reposer sur des règles de versement et de retrait connues, stables et opposables. Ses organes de gouvernance devront présenter les garanties nécessaires de compétence, d’indépendance et de responsabilité. Sa gestion devra faire l’objet d’une information publique régulière, d’audits indépendants et d’un contrôle institutionnel effectif. La transparence devra être intégrée à chaque niveau de décision. »

​S’adressant directement aux membres du gouvernement présents, le Premier ministre a appelé à une participation exigeante et à une concrétisation rapide des orientations : « Les conclusions de cet atelier doivent être traduites rapidement en mesures opérationnelles. Notre génération sera jugée sur l’usage qu’elle aura fait des ressources exceptionnelles confiées à la Guinée. »

Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com

Tél : 628 98 46 60

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