Malgré ses immenses potentialités naturelles et économiques, la République de Guinée peine encore à amorcer un développement véritable. Pour de nombreux observateurs, cette situation découle d’une confusion persistante entre le rôle régalien de l’État et celui du secteur privé, une ambiguïté dont la population subit directement les conséquences.
Pour éclairer l’opinion publique, le Président-Directeur Général de la société Hamana, Mohzmed Hamana Camara a animé une conférence de presse ce mardi 6 septembre 2026 à la Maison Commune des Journalistes de Conakry. Il est revenu en détail sur les freins aux investissements en Guinée et a appelé à une prise de conscience collective pour sortir le pays de l’ornière.
État, secteur privé et population : La nécessité d’une synergie
Selon le PDG de la société Hamana, le développement socio-économique repose sur un triptyque fondamental : l’État, le secteur privé et la population.
Il a rappelé que l’État a pour mission essentielle de garantir un cadre légal et sécurisé, indispensable à l’installation des investisseurs. Cependant, la création de richesse, d’usines et d’emplois relève avant tout de l’initiative privée :
« L’État ne crée pas les entreprises, l’élevage ou l’agriculture à la place des investisseurs. Il est là pour accompagner, réglementer et sécuriser. En Europe ou en Amérique, les usines appartiennent au secteur privé. L’État perçoit des taxes et des impôts pour assurer ses fonctions. Mais si le climat social est marqué par la division ou l’instabilité, les investisseurs privés — qu’ils soient guinéens ou étrangers — ne viendront pas investir leurs capitaux en Guinée. »
Le conférencier a également souligné que l’opposition systématique aux institutions ou la création d’instabilité nuit en premier lieu au pays lui-même, en décourageant l’implantation d’entreprises à l’intérieur du pays (Kankan, Mamou, N’Zérékoré, Labé). « Les dirigeants passent, mais la Guinée reste. Il faut préserver la nation », a-t-il insisté.
Interdiction de l’eau en sachet : « Une victoire pour la loi, mais un défi industriel »
Abordant le sujet d’actualité relatif à l’interdiction de la commercialisation de l’eau conditionnée en sachets plastiques, le patron de Hamana a salué le civisme des citoyens guinéens et le respect de la décision gouvernementale :
« Il faut féliciter la population guinéenne. Dès que l’État a interdit l’eau en sachet, tout le monde a appliqué la mesure. Cela prouve que les citoyens commencent à comprendre l’importance du respect de la loi. »
Cependant, cette transition a engendré une pénurie momentanée d’eau potable sur le marché local, un phénomène qu’il explique par des données structurelles :
« Avant l’interdiction, les sachets plastiques représentaient 85 % de la consommation d’eau, contre seulement 15 % pour l’eau en bidon. Avec la disparition soudaine des sachets, l’offre actuelle en bidons ne peut pas couvrir immédiatement 100 % de la demande. La reconversion des unités de production et l’importation de nouveaux équipements prennent du temps. »
Tout en appelant à la patience, il s’est dit convaincu qu’une solution pérenne sera rapidement trouvée grâce à la concertation entre les autorités publiques et les industriels du secteur.
Par la rédaction de flammeguinee.com
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