Le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Fassou Théa, a présidé ce lundi à Conakry la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation et de sensibilisation des acteurs clés sur l’utilisation des plastiques à usage unique.
Le ministre Fassou Théa a été accompagné à cette cérémonie d’ouverture de l’atelier par le secrétaire général du département Dr Karim Soumoyra, le Chef de cabinet, Mr Moustapha Le Grand Sylla, conseiller en charge des questions environnementales Bangaly Dioumessi, en faite l’ensemble des membres du Cabinet.
Placée sous le signe de l’engagement citoyen, cette rencontre vise à enclencher une dynamique nationale pour faire de la Guinée un pays sans plastique, à l’image du modèle rwandais.
Une mobilisation multisectorielle pour un défi national
Pour porter cette vision impulsée par le Président de la République, le général Mamadi Doumbouya, à travers le décret portant interdiction des sachets et plastiques à usage unique, le ministère mise sur une synergie d’actions. Cet atelier a rassemblé des représentants des services publics, des administrateurs de marchés, des leaders religieux, des acteurs de la société civile ainsi que les professionnels des médias de la presse publique et privée.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre Fassou Théa a insisté sur l’urgence d’une prise de conscience collective face aux dégâts environnementaux causés par ces emballages
« Dans nos quartiers et nos marchés, comme dans nos cours, l’accumulation des déchets plastiques dégrade les milieux naturels et offusque les usagers de ces lieux. Ces difficultés nous concernent tous et appellent à une réponse concertée, attentive aux réalités de nos peuples. »
En ouvrant officiellement les travaux, Fassou Théa a félicité et remercié les acteurs pour leur présence massive — notamment les médias, les leaders religieux, les administrateurs de marchés et la société civile —, avant de rappeler l’objectif phare de son département : éradiquer définitivement l’usage des plastiques jetables en Guinée, conformément aux directives présidentielles.
Le discours d’ouverture du ministre Fassou Théa
« Mesdames et messieurs les représentants des services publics, Mesdames et messieurs les responsables des médias,
Honorables leaders religieux, mesdames et messieurs les représentants de la société civile et les administrateurs de marchés, chers invités, en vos rangs, titres et qualités ;
Je suis heureux de prendre la parole à l’occasion de cet atelier consacré à la sensibilisation sur l’utilisation des plastiques à usage unique dans notre pays.
Je vous remercie pour votre présence massive et pour votre engagement au service de la protection de notre environnement. Je voudrais saluer l’impulsion donnée par le Président de la République, Son Excellence le général Mamadi Doumbouya, à travers le décret portant interdiction des plastiques à usage unique en République de Guinée. Cette orientation traduit une volonté ferme de préserver la santé des populations et la qualité de notre environnement. Dans nos quartiers et nos marchés, l’accumulation des déchets plastiques dégrade nos milieux naturels. Ces défis nous interpellent tous. Notre responsabilité est de faire connaître les dispositions en vigueur et d’en favoriser le respect. Sa mise en œuvre doit s’appuyer sur une information claire, un dialogue continu et un accompagnement adapté aux réalités des acteurs concernés. L’adhésion des citoyens constitue aujourd’hui la condition essentielle de la réussite de cette démarche.
Cet atelier doit nous permettre de construire une compréhension commune des mesures et de préparer des messages cohérents, adaptés aux différents publics. Chers hommes et femmes des médias, chers administrateurs de marchés, chers représentants de la société civile et honorables leaders religieux, votre contribution est précieuse.
Les médias doivent éclairer le débat public et diffuser une information fiable. Les leaders religieux, par leur proximité avec les communautés, peuvent encourager des pratiques respectueuses de l’environnement. La société civile et les responsables de marchés doivent faciliter les échanges avec les commerçants et les consommateurs tout en relayant leurs préoccupations.
Je souhaite que ces travaux privilégient l’écoute et le partage d’expériences. Ils devront déboucher sur des messages de sensibilisation adaptés et sur des actions réalistes, assorties de modalités de suivi simples. Une coordination étroite entre vos structures, les collectivités et les services compétents permettra de prolonger cette mobilisation sur toute l’étendue du territoire national.
Nous veillerons à accompagner cette transition pour les producteurs, les commerçants et les consommateurs. Dans le respect des textes, nous devons encourager les solutions de remplacement appropriées et accessibles, tout en valorisant les initiatives locales.
Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable entend poursuivre cette démarche avec l’ensemble des parties prenantes. Notre objectif commun est de réduire durablement la pollution plastique, en conciliant la préservation de la nature et les réalités socio-économiques de notre pays.
Je remercie la GIZ Mobilise pour l’organisation de cet atelier, ainsi que tous les participants pour leur disponibilité. Je vous invite à des échanges constructifs et, c’est avec un espoir renouvelé, que je déclare ouverts les travaux de l’atelier. Je vous remercie.»
Le rôle stratégique des acteurs de terrain
L’atelier s’articule autour de modules spécifiques destinés à outiller chaque corps de métier pour relayer efficacement le message de sensibilisation auprès des populations.
Les médias : Appelés à jouer un rôle de premier plan pour décrypter la mesure, éviter les amalgames et diffuser des informations fiables à travers des reportages, des micro-trottoirs et des campagnes numériques.
Les leaders religieux : Invités à mobiliser les fidèles dans les mosquées et les églises à travers des prêches et des sermons pour encourager des pratiques respectueuses de l’environnement.
Les administrateurs de marchés et la société civile : Considérés comme des points focaux essentiels, ils doivent faciliter le dialogue de proximité avec les commerçants et les consommateurs pour relayer les préoccupations locales.
Précisions réglementaires et alternatives durables
Prenant la parole lors de cette session, le secrétaire général du département a apporté des éclaircissements techniques cruciaux sur la portée du décret du President de la Republique, le general Mamadi Doumbouya, interdisant l’usage des plastiques à usage unique.
Champ d’application : Le texte concerne toute personne physique ou morale impliquée dans la production, l’importation, la commercialisation et la distribution de plastiques à usage unique sur toute l’étendue du territoire national.
Le cas des sachets d’eau : Tout en rappelant l’interdiction de ces emballages, un moratoire spécifique de six mois a été accordé afin de mener des concertations approfondies avec les industriels et les ministères sectoriels, tout en garantissant l’accès à l’eau potable à la population guinéenne.
Les dérogations : Certains usages spécifiques restent autorisés, notamment dans les domaines médical (gants chirurgicaux), agricole (pépinières, géomembranes pour le BTP), militaire ou encore pour les sacs poubelles et les bouteilles d’eau.
Les alternatives : Des solutions de remplacement viables sont encouragées, telles que les sacs en tissu réutilisables (coton ou pagne), les assiettes en carton ou en papier dur, ainsi que de nouveaux emballages biodégradables à base d’amidon de maïs.
À l’issue de cet atelier, les participants devront valider une feuille de route claire et mettre en place un réseau national de lutte contre les plastiques à usage unique, marquant ainsi un pas décisif vers un cadre de vie sain et un développement durable en Guinée.
Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com
Tél: 628 98 46 60






