Lorsqu’une bombe explose à Bamako, ce n’est pas le Mali seul qui saigne — c’est l’Afrique. Lorsque des vies innocentes sont brisées dans les rues maliennes, ce sont la dignité, la souveraineté et l’avenir de tout un continent qui sont attaqués.

Soyons honnêtes avec nous-mêmes. Beaucoup d’entre nous sont prompts — à tort ou à raison — à pointer du doigt l’extérieur, à accuser des puissances étrangères comme la France d’influence, d’ingérence, ou même de complicité. Mais le courage ne réside pas uniquement dans l’accusation. Le véritable courage réside dans l’action, dans l’unité, dans la capacité à se lever — non seulement par des mots, mais par une présence.

En 2015, après les tragiques attentats de Charlie Hebdo, les dirigeants africains n’ont pas hésité. Ils ont traversé les continents et ont marché côte à côte à Paris. Les présidents du Mali, du Niger, du Sénégal, du Gabon, du Bénin et du Togo se sont tenus épaule contre épaule avec le reste du monde, dans une puissante démonstration de solidarité contre le terrorisme.

Ce moment a démontré que l’Afrique peut s’unir. Que l’Afrique peut se tenir debout.

La question, aujourd’hui, est donc simple — et inconfortable :

Si les dirigeants africains ont pu marcher à Paris, pourquoi ne peuvent-ils pas marcher à Bamako ?

Pourquoi pouvons-nous nous mobiliser pour les autres, tout en hésitant pour les nôtres ?

Si nous sommes assez audacieux pour accuser, alors nous devons être assez audacieux pour nous unir.

Que Bamako devienne le symbole de la solidarité africaine. Que les présidents, les dirigeants, les intellectuels, la jeunesse et les citoyens africains se rassemblent — non dans la colère, mais dans la force. Un rassemblement pacifique. Un message puissant. Une déclaration claire :

Une attaque contre le Mali est une attaque contre l’Afrique.

Ce n’est pas seulement le combat du Mali. C’est un combat ouest-africain. C’est un combat africain. Le terrorisme ne respecte pas les frontières — et notre unité ne devrait pas en respecter non plus.

Nous devons nous élever au-dessus des divisions linguistiques, régionales et politiques. Francophones, anglophones, arabophones, lusophones : rien de tout cela n’importe lorsque du sang africain est versé. Ce qui importe, c’est que nous nous tenions ensemble, que nous nous protégions mutuellement et que nous défendions notre avenir commun.

Que ceci serve d’appel :

Aux États d’Afrique de l’Ouest : unissez vos renseignements, vos stratégies, votre volonté — le terrorisme ne doit trouver aucun refuge.

Aux dirigeants africains : soyez présents à Bamako. Ne dirigez pas depuis des tribunes, mais depuis les premières lignes de la solidarité.

Peuples d’Afrique : élevez la voix, organisez-vous, apportez votre soutien et tenez-vous aux côtés du Mali — non pas demain, mais dès maintenant.

L’Afrique ne peut se permettre le silence. L’Afrique ne peut se permettre la division.

Face aux attaques lâches, notre réponse doit être l’amour, l’unité et une solidarité inébranlable.

L’Afrique doit se lever — non pas en fragments, mais comme un tout uni.

Dr. David Makongo