Figure clé du procès historique des massacres du 28 septembre 2009, l’actuel avocat général près la Cour suprême, Alghassimou Diallo, fait l’objet d’une mesure disciplinaire infligée par sa tutelle. Alors que cette décision suscite de vive réactions au sein de la classe judiciaire et médiatique, la présidence de la République est sortie de son silence ce mercredi 19 août pour cadrer le débat et apporter un soutien ferme au ministère de la Justice.
​S’exprimant sur le sujet, le porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, a tenu à dédramatiser la situation en inscrivant cette procédure dans le cadre ordinaire du fonctionnement de l’État.
​« M. Alghassimou a été sanctionné, c’est un magistrat. Moi, je suis militaire. Dans mon métier, tous les jours, on nous sanctionne. La sanction fait partie de l’administration », a-t-il déclaré, balayant l’idée d’un traitement d’exception ou d’un acharnement ciblé.
​Face aux interrogations sur le bien-fondé de cette mesure à l’encontre d’un haut magistrat, le Palais de la Colombe martèle qu’aucun privilège de corps ne saurait prévaloir sur le principe d’équité devant la loi. Selon le porte-parole, le garde des Sceaux a agi sur la base d’éléments probants.
​« Il a été sanctionné parce qu’il y a suffisamment de faits qui justifient la décision de son ministre », a appuyé le général Camara. « Qui est au-dessus de la loi en République de Guinée ? Personne ! Ne faut-il pas un État fort pour que les citoyens puissent vivre en paix et en sérénité ? »
​Invitant les professionnels de l’information à déplacer le curseur du débat vers l’origine de la procédure plutôt que d’en contester le principe, la Présidence encourage les médias à mener des recherches indépendantes sur les griefs reprochés au magistrat.
​« Un ministre a sanctionné un cadre, où est le souci ? La question de fond est : pourquoi a-t-il été sanctionné ? Allez chercher les faits. Quiconque mérite une sanction sera sanctionné, c’est aussi clair que ça », a conclu le porte-parole.
​Si les motifs exacts retenus par la hiérarchie judiciaire demeurent pour l’heure confidentiels, l’intervention présidentielle réaffirme une ligne d’autorité stricte au sein des grands corps de l’État.

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