Boké — La promesse d’être des députés de proximité se concrétise sur le terrain, lors du vacance parlementaire le député de la circonscription de Boké, Mamadou Oury Bah, s’est rendu à Kinsilim-Messidé, un hameau de la sous-préfecture de Kolaboui, pour aller à la rencontre des éleveurs et recueillir leurs préoccupations.
La visite n’a pas été de tout repos. Sous une pluie battante, le cortège officiel a dû affronter une piste fortement dégradée et transformée en bourbier. Le véhicule du député finit par s’immobiliser, l’obligeant à poursuivre une partie du trajet à pied avant d’atteindre la communauté.
Pour les habitants de Kinsilim-Messidé, cette présence revêt une importance particulière. Il s’agit, selon eux, de la première fois qu’une délégation officielle se rend dans leur secteur.
« C’est une journée remarquable pour nous, parce que c’est la première fois qu’on reçoit une délégation officielle dans notre secteur », témoigne un habitant.
Le manque d’aliments pour le bétail, une préoccupation majeureDerrière l’accueil réservé au député, les éleveurs ont surtout exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. La principale concerne l’alimentation du bétail, particulièrement pendant la saison sèche.
Ils demandent notamment l’aménagement des bas-fonds et des espaces permettant de produire suffisamment de fourrage pour leurs animaux.
Autre sujet d’inquiétude : la route minière empruntée par les camions transportant la bauxite. Selon les habitants, cette voie a profondément modifié leur environnement et constitue désormais un danger pour les troupeaux.
« Cette route est venue diviser notre village en deux parties. Nous n’avons pas suffisamment d’espace pour faire circuler nos animaux. Et chaque fois, nous enregistrons des accidents avec les camions qui transportent la bauxite », déplore un éleveur.
Face à cette situation, les habitants souhaitent l’intervention des autorités afin de sécuriser la circulation des animaux et de réduire les risques d’accidents.
Un député qui revendique son attachement au monde pastoral
Pour honorable Mamadou Oury Bah, cette rencontre dépasse le cadre d’une simple activité parlementaire. Fils de paysan et d’éleveur, il dit retrouver à Kinsilim-Messidé une partie de son enfance.
« Je suis fils de paysan et fils d’éleveur. J’ai grandi au troupeau, j’ai grandi au champ », confie-t il.»
La visite, effectuée dans des conditions difficiles, lui a également permis de renouer avec un univers qui lui est familier.
« C’est une partie de ma vie d’enfance que je retrouve aujourd’hui. C’est un plaisir pour moi de voir ces animaux, de contempler ces cases que j’ai connues avec ma mère. C’est un honneur et une fierté pour moi », poursuit le député.
Il explique que cette descente sur le terrain s’inscrit dans l’engagement pris pendant la campagne de rester proche des populations.
« Comme promis pendant la campagne, nous serions des députés de proximité, à l’écoute de toutes les composantes sociales et de toutes les corporations. C’est pourquoi nous sommes venus à Kinsilim-Messidé auprès des éleveurs pour écouter leurs préoccupations. »
Le Code pastoral au cœur des échanges
Au cours des échanges, la question du Code pastoral a également occupé une place importante. Les éleveurs dénoncent le manque de zones de pâturage et les difficultés liées au respect des espaces réservés à la transhumance.
Pour eux, l’insuffisance de ces espaces accentue les tensions entre agriculteurs et éleveurs et complique la cohabitation entre les deux activités.
Mamadou Oury Bah assure avoir pris bonne note de ces préoccupations et promet de les porter au niveau de l’Assemblée nationale.
Il invite toutefois les représentants des éleveurs à travailler avec les autorités communales afin d’identifier et de hiérarchiser leurs besoins.
« Nous pourrons ainsi les intégrer dans notre rapport de vacances parlementaires, afin que le gouvernement puisse en tenir compte dans ses projets et ses programmes, notamment dans le programme Simandou 2040 », explique-t-il.»
Pour le député, le développement de l’agriculture et celui de l’élevage doivent aller de pair, avec un mécanisme de coordination permettant de limiter les conflits entre les deux secteurs.
À Kolaboui, les bouchers réclament un abattoir moderne
La tournée s’est poursuivie dans le centre-ville de Kolaboui, où le député a rencontré d’autres acteurs de la filière : vendeurs de bétail et bouchers.
Leurs préoccupations sont différentes, mais tout aussi concrètes. Ils réclament notamment la construction d’un abattoir moderne et de boucheries répondant aux normes sanitaires.

L’objectif est d’améliorer les conditions d’abattage, de commercialisation et de consommation de la viande dans la localité.
De Kinsilim-Messidé au centre de Kolaboui, les acteurs de la filière bétail ont ainsi exposé leurs difficultés et formulé leurs attentes auprès de leur représentant.
Pour eux, cette visite constitue un premier pas. Reste désormais à transformer les doléances recueillies sur le terrain en actions concrètes.
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