L’Assemblée générale du Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REGAP+), qui se tient actuellement, s’ouvre dans un climat de haute tension. En cause, de graves accusations de violations des statuts et du règlement intérieur de l’organisation.
Plusieurs délégués venus de l’intérieur du pays — notamment de Boké, Koundara, Kamsar, Faranah et Boffa — se sont vus refuser l’accès à la salle. Selon le témoignage d’un participant refoulé, la direction générale aurait donné des instructions fermes aux organisateurs : l’accès n’est autorisé qu’aux personnes détenant une accréditation préalable. Parmi les membres bloqués à l’entrée figure pourtant l’un des pères fondateurs du réseau. Bien que ces délégués disposent légitimement du droit de vote, ils se voient aujourd’hui privés de l’exercice de leurs droits au sein de leur propre structure.
Par ailleurs, selon une source interne, la légitimité même de la direction est contestée. Hadja Bodjé Bah, la directrice en exercice, ne serait plus éligible pour un nouveau mandat, ayant déjà épuisé ses deux mandats réglementaires.
Face à cette situation qualifiée d’injuste, Mme Somparé Mariame Botchini, vice-présidente du REGAP+, a accepté de se confier à notre rédaction. Voici sa réaction à chaud, recueillie par notre reporter.
« Le CNLS n’est pas notre tuteur, c’est à nous de décider de notre sort »
« Je me demande pourquoi le CNLS (Comité National de Lutte contre le Sida) s’ingère ainsi dans la gestion d’une Assemblée générale qui relève exclusivement du REGAP+. Ils peuvent décider de ne pas prendre en charge ces membres financièrement, mais ces derniers restent éligibles et légitimes en tant que membres à part entière du réseau.
Je demande simplement que les droits des membres soient respectés. Ils doivent pouvoir accéder à la salle de réunion car ils sont éligibles et doivent impérativement participer aux votes prévus demain.
Cela est dû à un manque total de communication au sein du Conseil d’Administration (CA). La présidente ne partage aucune information. En temps normal, c’est ensemble, de manière collégiale, que nous devrions décider de qui doit participer ou non. Pas plus tard qu’hier soir, j’ai demandé la liste des participants à la présidente, et elle m’a répondu que c’était le CNLS qui la fournissait. Pourquoi le CNLS déciderait-il à notre place ? Nous sommes une organisation non gouvernementale, indépendante et libre. Le rôle du CNLS est de nous accompagner, il n’est pas notre tuteur. C’est à nous de décider de notre sort. C’est précisément pour cela que nous nous sommes constitués en réseau.
Nous lançons un plaidoyer vibrant auprès de toutes les personnes de bonne volonté qui ont le pouvoir de faire changer les choses. Nous voulons que les droits de ces personnes venues de l’intérieur (Koundara, Kamsar, etc.) soient immédiatement rétablis. Notre objectif reste la tenue d’élections crédibles, transparentes et sans le parti pris actuellement affiché par le CNLS. Nous n’accepterons pas cette situation.
Nous comptons sur les médias pour faire leur travail afin que cette situation soit visible partout et par tous les Guinéens. C’est un problème d’intérêt national. Notre organisation s’appelle le Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA. Nous exigeons d’être écoutés et que les règles de notre structure soient scrupuleusement respectées.
Le réseau n’est pas un club privé ; il regroupe de nombreuses associations issues de toutes les régions du pays. Pourtant, si vous entrez dans la salle en ce moment, vous constaterez que seules trois ou quatre régions y sont représentées. Les organisateurs se contredisent eux-mêmes dans leurs Termes de Référence (TDR) en exigeant deux personnes par région, tout en omettant la spécificité de Conakry. Tout cela manque cruellement de crédibilité. Nous demandons instamment à être rétablis dans nos droits. Merci. »
Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com
Tél: 628 98 46 60






