Élections : la HAC salue le rôle des médias et met en avant les innovations de la couverture électorale

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La Haute Autorité de la Communication (HAC) a tenu, ce vendredi, une conférence de presse à son siège, à Kaloum. La rencontre a porté principalement sur la présentation du rapport général relatif à la régulation de la couverture médiatique des élections présidentielle du 28 décembre 2025, ainsi que législatives et communales du 31 mai 2026.

La HAC a également présenté les préparatifs de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée, prévue le lundi 31 août prochain à Conakry.

Face aux journalistes, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, s’est félicité du professionnalisme des médias durant les différentes campagnes électorales. Il a notamment souligné l’absence de plaintes contre les journalistes ou les médias.

« Comme il est d’usage à l’issue de trois élections, d’abord présidentielle, ensuite législatives et communales, nous avons cru devoir rédiger, élaborer un rapport general sur la régulation des campagnes médiatiques, notamment des élections présidentielles du 28 décembre 2025 et des élections législatives et communales du 31 mai 2026.

Ce rapport, le voici. Il a 207 pages et ce n’est qu’un résumé. Le rapport préliminaire qui a été élaboré avait plus de 500 pages. (…) C’est en réalité une synthèse du rapport qui avoisine ou dépasse les 500 pages.

Ce rapport donc, c’est la photographie de la couverture médiatique des trois campagnes. Et je voudrais déjà saluer le professionalisme, l’esprit de responsabilité qui ont caractérisé les professionnels des médias, tout support confondu : l’audiovisuel, la presse en ligne, la presse écrite et même quelques jeunes qui ont des sites qui ne sont pas reconnus, mais qui exercent. La preuve, c’est que nous n’avons reçu aucune plainte de qui que ce soit contre un journaliste, ou contre un média, ou contre un correspondant de la presse étrangère, ce qui est rare. »

Le président de la HAC a également salué la synergie mise en place par les radios, notamment à travers l’URTELGUI, qui a permis de diffuser rapidement les procès-verbaux issus des bureaux de vote.

« Je voudrais donc saluer votre travail, saluer votre esprit de responsabilité, saluer également la synergie des radios qui a été organisée par l’URTELGUI et qui a permis, dès le soir du jour du scrutin, de publier les procès-verbaux dûment signés et affichés. Cela aussi est très rare. Je pense que la Guinée est le seul pays qui a une synergie des radios qui travaille pendant des heures, parfois pendant des jours, pour couvrir une campagne électorale et diffuser dès après les résultats des procès-verbaux, parce que la totalisation est interdite pour les médias, elle n’appartient qu’à la DGE comme entité compétente pour diffuser des résultats provisoires, et derrière, la Cour Suprême pour les élections nationales et les tribunaux pour les élections locales. »

Pour le président de la HAC, le bon déroulement de la couverture médiatique a également été favorisé par plusieurs innovations. L’une d’elles a consisté à associer les radios privées de Conakry afin de garantir un accès équitable aux candidats.

« Donc le premier mérite vous revient. La HAC vous en félicite et vous encourage à poursuivre cet élan, à poursuivre cette dynamique. Cela a été possible aussi parce que nous avons fait des innovations. La première innovation consistait à associer des radios privées. (…) 13 radios privées au total pour les 13 communes, pour permettre aux candidats de présenter leur projet de société et même de débattre entre eux sur des sujets qui concernent la vie et le développement des circonscriptions dans lesquelles ils étaient candidats. »

La HAC a également mis à contribution les 33 radios rurales afin de permettre aux candidats de s’exprimer dans leurs différentes circonscriptions.

« La deuxième innovation que nous avons réussie, avec votre concours bien sûr, c’est d’avoir associé les radios rurales. Les 33 radios rurales ont été mises à contribution pour donner la parole aux candidats dans chacune des circonscriptions. Et cela aussi est une expérience unique, parce que dans la plupart des pays, on nous dit que les radios rurales ne doivent pas faire de la politique. Mais je dis, lorsqu’on parle du développement d’une localité, lorsqu’on compétit pour gérer une commune, est-ce qu’une radio rurale peut se soustraire à une telle activité ? La réponse est non. »

Autre dispositif mis en avant : le déploiement de superviseurs dans les préfectures. Selon Boubacar Yacine Diallo, cette expérience a permis à la HAC de mieux suivre la couverture médiatique à l’intérieur du pays.

« Mais les élections communales nous ont fait découvrir la qualité de superviseur. Donc, nous avons désigné un superviseur par circonscription, une circonscription équivalant à une préfecture. Donc, dans chacune de nos préfectures, nous avons désigné un superviseur qui jouait exactement le rôle que notre comité de suivi de la campagne à Conakry.

Donc, ces jeunes journalistes que nous découvrions à peine ont su faire notre travail à notre place, de Conakry à Yomou, de Lelouma à Forycariah. Et aucun parti politique, aucun candidat indépendant n’a saisi la HAC à l’effet de porter une plainte. Au contraire, nous avons reçu des félicitations de beaucoup de candidats envers ces jeunes journalistes que nous avons découverts et qui sont devenus les superviseurs de la HAC à l’intérieur du pays. »

Fort de cette expérience, la HAC a décidé de maintenir ces superviseurs dans leurs fonctions de manière permanente, notamment dans les préfectures et les 13 communes de Conakry.

La presse appelée à jouer un rôle de consolidation de la paix

Boubacar Yacine Diallo estime enfin que les médias ont joué un rôle important dans le maintien de la paix durant le processus électoral. Il invite les professionnels à poursuivre cette dynamique.

« Vous avez contribué grandement, largement au maintien de la paix dans le pays. Qu’on vous le reconnaisse ou pas, c’est un mérite pour vous. Vous avez démontré que la presse, quand elle le veut, elle est un facteur de paix. Et quand elle ne le veut pas, c’est un facteur de déstabilisation. »

Le président de la HAC a par ailleurs appelé les journalistes à accompagner l’institution dans l’assainissement du paysage médiatique, estimant que si des progrès ont été réalisés au niveau des journalistes, des efforts restent à fournir concernant les médias eux-mêmes.

« Je voudrais donc vous inviter à accompagner la HAC dans cette dynamique d’assainissement. Les rangs des journalistes ont été assainis, il nous reste le rang des médias. Les médias se créent tous les jours. Tous les jours. Dans des conditions illicites, des conditions qui violent les règles. (…) Mais à condition que la réglementation soit respectée. C’est tout ce qu’on demande. C’est tout ce qu’on demande. »

Cette conférence intervient à quelques jours de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée. Une rencontre qui permettra notamment aux différents régulateurs de partager leurs expériences, alors que la HAC entend faire de l’expérience guinéenne en matière de couverture médiatique des élections un exemple à partager au niveau sous-régional.

Aboubacar Moussa Camara