Les mauvaises habitudes ont la peau dure en Guinée. Alors que l’on croyait la crise totalement enrayée dans le monde du football, après des moments tumultueux qui ont sérieusement impacté l’évolution de la discipline dans le pays, voilà qu’on agite la menace d’une nouvelle tourmente.
Une sérénité fragile est aujourd’hui troublée par la fuite d’un audio dans lequel on entend deux personnes évoquer un transfert en faveur du Milo FC. L’affaire fait raffut. L’une des voix est attribuée à l’actuel président de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), tandis que l’autre serait celle d’un joueur que l’on tente de convaincre de rejoindre le club de Kankan. Il n’en fallait pas plus pour alimenter les débats et les spéculations. Chacun y va de ses conjectures.
La seule certitude qui se dégage des commentaires est la volonté de certains de raviver la flamme de la crise au sein de la Fédération afin d’obtenir la tête de son président, devenu l’accusé idéal d’un supposé conflit de compétences.
En attendant d’établir l’authenticité de cet enregistrement — une préoccupation légitime à l’ère du numérique où l’intelligence artificielle peut être mise à contribution pour accomplir les basses besognes — on peut s’interroger sur l’opportunité d’une telle manœuvre.
Les commanditaires présumés seraient des acteurs de premier plan, au sein et en dehors de la FEGUIFOOT, qui estiment avoir été délestés d’un trône qui leur revenait de droit lors de la succession de l’ancien président Bouba Sampil. Inutile de citer des noms : les intéressés se reconnaîtront. Ce sont les partisans du « moi ou le chaos ».
Ce sont eux qui donnent de l’écho à un dossier jugé vide de sens.
En revanche , admettons que l’audio soit authentique : en quoi serait-il repréhensible le fait de convaincre un joueur, quel que soit son statut, de rejoindre un club en lui laissant entrevoir une éventuelle convocation en sélection nationale, à condition d’être performant ? A ce que l’on sache , la performance reste, après tout, l’un des critères objectifs pour intégrer l’équipe nationale.
Dans cet enregistrement, l’interlocuteur affirme également que le Milo FC pourrait offrir au joueur, au gré de ses performances, une opportunité de rejoindre un club à l’étranger. Peut-on réellement croire que ces propos, sans doute extrapolés et fragmentés au besoin de manipulation de la bonne conscience, justifient les fantasmes de ceux qui rêvent d’un nouveau basculement de la Fédération dans une énième crise ? Cet audio apparaît davantage comme celui de la surenchère.
Il serait irresponsable de s’en réjouir, encore moins de s’en moquer, lorsque la situation ternit l’image du pays et menace dangereusement l’avenir de son football.
Abdoulaye