Le ministre de la Pêche, de l’Économie Maritime et de l’Aquaculture, M. Fassou Théa, a présidé ce mardi 26 mai 2026 au siège de son département, la cérémonie officielle de signature des contrats de performance avec les différentes directions sectorielles. Cette initiative vise à aligner les actions du ministère sur le plan stratégique 2023-2027, le plan de développement de l’économie bleue, ainsi que sur le plan d’aménagement et de gestion des pêcheries pour l’exercice 2026.
Kindia : Une retraite préparatoire axée sur l’alignement stratégique
En amont de cette signature, le Secrétaire général du département, Morlaye Soumah, a présenté le compte rendu de la retraite stratégique qui s’est tenue à Kindia les 21 et 22 mai 2025.
Cette rencontre technique avait pour objectif de réviser le Plan d’Action Opérationnel (PAO) 2026 du ministère. Il s’agissait notamment de s’assurer de sa cohérence avec le plan d’alignement halieutique 2023-2027 et le méga-programme national Simandou 2040, suite aux engagements pris par le ministre devant le Premier ministre. La retraite a également permis de responsabiliser chaque direction face à ses objectifs et d’apporter une analyse ciblée sur les indicateurs du PAO.
Le modèle rwandais comme source d’inspiration pour la Guinée
Prenant la parole, le ministre Fassou Théa a félicité ses équipes pour la qualité des travaux de Kindia avant de partager les enseignements clés d’une mission d’urgence qu’il a récemment conduite à Kigali, au Rwanda.
Le ministre a fermement invité ses cadres à opérer un changement de paradigme, notamment en abandonnant le concept obsolète de « pisciculture familiale » au profit d’une pisciculture commerciale à grande échelle. Bien que la Guinée ait bénéficié de financements importants (notamment de l’Agence Française de Développement – AFD) pour former les populations, le défi reste désormais de structurer la filière pour créer de la richesse.
M. Fassou Théa a cité en exemple la réussite du Rwanda, un pays enclavé sans accès à la mer, qui ambitionne d’atteindre l’autosuffisance halieutique d’ici 2028 grâce à un plan stratégique rigoureux :
« Nous avons visité l’opérateur Fine Fish sur le lac Kivu. Avec 75 cages flottantes, ils parviennent à extraire 10 tonnes de tilapia chaque matin. À l’écloserie de Moasi, ils produisent 15 millions d’alevins par mois. Si un pays sans littoral réussit une telle prouesse, la Guinée, avec sa façade maritime et son réseau hydrographique, doit faire face à ses responsabilités et cesser d’importer du poisson. »
Vers un partenariat Sud-Sud et une Task Force immédiate
Pour concrétiser cette vision, le ministre a annoncé la mise en place immédiate d’une équipe technique guinéenne qui travaillera en étroite collaboration avec le ministère rwandais de l’Agriculture et des Ressources animales. Profitant de l’excellence des relations entre les deux chefs d’État, les experts rwandais ont accepté de transférer leurs compétences et de faciliter l’accès à leurs technologies (formulations alimentaires locales, cages flottantes) pour développer un site pilote en Guinée. Une confrontation de modèles avec le site de Dabou en Côte d’Ivoire est également envisagée pour accélérer le processus.
En conclusion, le ministre a rappelé l’obligation de résultats qui pèse sur son département, dans un contexte de saine émulation interministérielle.
« Nous avons pris l’engagement devant le Chef de l’État de révolutionner le secteur de la pêche. L’année dernière, nous avons atteint des sommets en matière d’exécution budgétaire. Cette année, nous devons maintenir le cap et transformer nos ambitions en réalités visibles pour les communautés », a martelé le ministre.
Le rapport complet de la mission de Kigali sera officiellement partagé dès la semaine prochaine.
Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com
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