Le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, briguera un nouveau mandat à l’occasion des élections prévues en janvier prochain. Âgé de 80 ans, le chef d’État a été officiellement désigné candidat par le Mouvement de Résistance Nationale (NRM), son parti, confirmant ainsi son intention de prolonger un règne qui dure depuis bientôt quatre décennies.
Cette annonce conforte Museveni dans le cercle très restreint des dirigeants africains les plus longtemps restés à la tête de leur pays, aux côtés de figures comme Paul Biya du Cameroun et Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale. Au fil des années, le président ougandais a fait modifier la constitution pour écarter les limites d’âge et de mandats, lui permettant ainsi de se représenter indéfiniment.
Sa longévité au pouvoir ne fait cependant pas l’unanimité. De nombreuses voix, tant au sein de l’opposition que dans la société civile, dénoncent un système reposant sur le clientélisme, le verrouillage de l’espace politique et l’instrumentalisation des forces de sécurité. Des accusations que Museveni rejette, affirmant que son maintien est porté par une large base populaire et une vision stable pour le pays.
Le climat électoral s’annonce particulièrement tendu. Son principal rival, Robert Kyagulanyi, plus connu sous son nom de scène Bobi Wine, est de nouveau sur la ligne de départ. Cet ancien musicien devenu député incarne depuis plusieurs années une opposition jeune, dynamique et farouchement critique du régime. Il avait vivement contesté les résultats des élections de 2021, dénonçant des fraudes massives et des répressions violentes à l’encontre de ses partisans.
Dans un contexte où la jeunesse représente la majorité de la population ougandaise, l’affrontement entre Museveni et Bobi Wine symbolise un choc générationnel aux enjeux majeurs. À sept mois du scrutin, la scène politique ougandaise reste polarisée, et les appels à des élections libres, transparentes et pacifiques se multiplient, tant au niveau national qu’international.
La candidature de Museveni, loin d’être une surprise, relance toutefois le débat sur l’alternance démocratique en Afrique de l’Est, et sur la capacité des institutions à garantir une compétition politique équitable dans un climat de plus en plus crispé.






