La ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime, Mme Fatima Camara, a présidé ce mercredi 7 septembre 2026 à Conakry le lancement officiel de l’atelier de validation et d’adoption des statuts et règlements intérieurs des Associations Locales de Cogestion des Pêcheries (ALCP). Organisé en partenariat avec le Projet BlueVAL et l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), cet événement marque un tournant majeur pour l’autonomisation des communautés de pêcheurs artisanaux des ports de Boulbinet et de Kaporo.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de représentants institutionnels et communautaires de premier plan, notamment la représentante du Gouvernorat de Conakry, le maire de la commune de Kaloum, Aboubacar Bangoura, les cadres du ministère, ainsi que les membres de la Confédération Nationale des Pêcheurs de Guinée (CONAPEG).
Un cadre de dialogue renforcé entre l’État et le terrain
Dans ses mots de bienvenue, le maire de Kaloum, Aboubacar Bangoura, a salué une initiative essentielle pour une commune où la pêche artisanale constitue un levier économique majeur. Rappelant que ce secteur nourrit les populations et génère de nombreux emplois direct et indirects, l’élu local a souligné que cette rencontre « dépasse la simple formalité pour s’imposer comme un véritable cadre de dialogue entre l’administration, les collectivités et les acteurs de terrain ».
Prenant la parole au nom du Projet BlueVAL — initiative de 5 ans financée par la JICA et lancée en juin 2025 pour valoriser l’économie bleue —, le chef de projet, Kaoru Takahashi, a rappelé la portée de ces deux journées de travail. À l’issue de l’adoption des textes régissant les ALCP, les participants procèderont à l’élection des membres des bureaux exécutifs de Boulbinet et de Kaporo.
« L’ALCP cesse d’être un simple projet de texte pour devenir une organisation vivante. C’est un espace où pêcheurs, mareyeuses, transformatrices et artisans décideront ensemble de la gestion de leurs installations et de leurs ressources », a précisé M. Takahashi, tout en insistant sur l’importance d’une gouvernance rigoureuse et transparente pour assurer la pérennité de la démarche.
Vers une responsabilité partagée et durable
Prononçant le discours d’ouverture officielle, la ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime, Mme Fatima Camara, a rappelé l’impact socio-économique vital de la filière. Avec plus de 435 000 tonnes de poisson mises sur le marché guinéen (chiffres 2023), le secteur représente environ 4,5 % du PIB national et génère près de 300 000 emplois directs.
Face à la fragilité des ressources halieutiques, la ministre a insisté sur la nécessité d’une responsabilité partagée : « La cogestion n’est pas un désengagement de l’État. L’État continue de fixer les règles et d’assurer la surveillance. Mais ceux qui vivent de la mer connaissent mieux que quiconque la réalité du terrain. Les associer aux décisions est une condition essentielle pour préserver nos ressources pour les générations futures. »
Mme Fatima Camara a également mis un accent particulier sur la place centrale des femmes — piliers du fumage et de la commercialisation du poisson — ainsi que sur l’implication de la jeunesse dans la gouvernance de ces futures associations. Saluant le soutien de l’ambassade du Japon, de la JICA et de l’ensemble des partenaires au développement, la ministre a exprimé la volonté du gouvernement de dupliquer ce modèle de cogestion à d’autres débarcadères du pays.
Les travaux de cet atelier se poursuivent à Conakry pour finaliser les textes fondateurs et mettre en place les premiers bureaux exécutifs des ALCP.
Avec flammeguinee.com
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