Le secteur privé guinéen est à l’aube d’un tournant stratégique. Du 8 au 10 juin prochain, la capitale guinéenne accueillera la toute première édition de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes (SFEG 2026). Axé sur la transformation économique et l’accès aux capitaux, cet événement ambitionne de redéfinir les mécanismes de soutien aux structures locales.

​En guise de prélude, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Mme Fatima Camara, entourée des membres de son cabinet, des hauts cadres de son département et de la direction du Fonds de Développement Industriel et des PME (FODIP), a animé un point de presse ce mardi 26 mai 2026. L’objectif : dévoiler les grands axes et la feuille de route de cette rencontre de haut niveau, qui bénéficie également de l’appui de partenaires internationaux, notamment l’agence belge de développement (Enabel), représentée par son directeur général.

​Portée opérationnellement par le FODIP, la SFEG 2026 attend plus de 500 participants, incluant des délégations d’une douzaine de pays partenaires ainsi que de grandes institutions financières internationales.

​Mme Fatima Camara : « Le financement ne se décrète pas, il se prépare »

​Face aux médias, la ministre de l’Industrie et du Commerce a lourdement insisté sur l’importance cruciale de structurer le tissu entrepreneurial guinéen afin de capter les retombées économiques majeures des grands projets nationaux, en particulier celles du programme Simandou 2040.

​« Nous avons souhaité vous rencontrer aujourd’hui pour présenter la première édition de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes (SFEG 2026), qui se tiendra du 8 au 10 juin prochain au Chapiteau By Issa, à Conakry. Au-delà d’un simple événement, la SFEG porte une ambition nationale : celle de permettre aux entreprises guinéennes de prendre pleinement leur place dans la transformation économique de notre pays », a déclaré Mme Fatima Camara.

 

​La ministre a rappelé que cette initiative s’aligne parfaitement avec les orientations stratégiques du chef de l’État :

​« Sous l’impulsion de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, la Guinée s’est engagée dans une dynamique de transformation profonde à travers le programme Simandou 2040. Cette transformation ne doit pas seulement se traduire par des infrastructures ou de grands chantiers. Elle doit aussi permettre l’émergence d’entreprises nationales plus fortes, plus structurées et davantage capables de créer durablement de la richesse et des emplois dans notre pays. C’est précisément le sens de la SFEG. Aujourd’hui, une réalité s’impose à nous : aucune transformation économique durable ne peut se faire sans entreprises solides. »

​Analysant avec lucidité les obstacles qui freinent le développement des PME locales, elle a plaidé pour un rapprochement indispensable entre le monde bancaire et les entrepreneurs :

​« Beaucoup d’entreprises guinéennes ont du potentiel, des idées, de l’expérience et parfois des marchés. Mais lorsqu’il s’agit de financer leur développement, les difficultés restent nombreuses : insuffisance de garanties, faible structuration des dossiers, accès limité à l’information, méconnaissance des instruments disponibles ou difficultés d’accès aux circuits de financement. Dans le même temps, les banques et les investisseurs évoluent avec leurs propres exigences en matière de risques. Entre ces deux réalités, il existe encore une distance que nous devons collectivement réduire. Car le financement ne se décrète pas. Il se prépare, il se structure et il se construit dans la confiance. »

Concernant le programme Simandou 2040, elle a réitéré l’obligation d’un impact réel sur le contenu local (local content) :

​« Simandou ne doit pas être seulement un projet minier. Il doit devenir un accélérateur de transformation économique, d’industrialisation et d’opportunités pour les entreprises guinéennes. La logistique, les infrastructures, l’agro-industrie, la maintenance, le transport, les services ou le numérique représentent des perspectives considérables. Mais une opportunité ne se capte pas par simple déclaration, elle se prépare. Nous voulons faire émerger des champions guinéens. »

​M. Mamadou Barry : « Bâtir un cadre d’échange stratégique et signer des engagements concrets »

​Le Directeur général adjoint du FODIP, M. Mamadou Barry, a pour sa part détaillé la feuille de route opérationnelle de ce forum, qu’il qualifie de véritable rupture méthodologique et d’acte de refondation.

​« Pour la première fois en Guinée, le ministère de l’Industrie et du Commerce, à travers le FODIP, a jugé pertinent d’organiser un cadre de concertation intégré des acteurs de l’écosystème financier. Cet événement prévoit de mobiliser au moins 500 participants, d’impliquer 50 PME dans des « deal rooms » (espaces de négociation directe) avec les financeurs, et d’animer cinq panels thématiques de haut niveau », a précisé M. Barry.

Selon lui, la SFEG 2026 servira de passerelle indispensable pour pérenniser l’économie guinéenne face au boom minier et industriel :

​« Simandou 2040 va générer des opportunités d’investissement immenses, estimées à des centaines de milliards de dollars. La question n’est pas de savoir si cette richesse existera, elle est déjà là. La question est de définir les modalités de domestication de ces ressources. Si nos entreprises ne sont pas accompagnées techniquement et financièrement aujourd’hui, elles ne seront pas compétitives demain face aux enjeux de la concurrence sous-régionale et continentale. »

Les livrables attendus de la SFEG 2026 :

  • L’instauration d’une plateforme permanente de concertation entre les acteurs économiques et financiers.
  • La publication officielle de la cartographie nationale des instruments de financement disponibles en Guinée.
  • La signature publique de conventions et de lettres d’intention de financement devant la presse et les autorités.
  • Le lancement officiel du « Club des financeurs des entreprises guinéennes », un mécanisme pérenne de suivi post-événement.

​Pour clore son intervention, le Directeur général adjoint s’est félicité de l’engouement suscité à l’international et du niveau de préparation logistique :

​« À ce jour, plus de 50 PME ont déjà soumis leurs dossiers via nos appels à manifestation d’intérêt pour être mises en relation avec les investisseurs. De plus, une douzaine de délégations de pays frères ont confirmé leur participation, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Bénin, ainsi que des institutions de premier plan comme le FAGACE (Fonds de Garantie des Africain et de la Coopération Économique) et le Fonds de Solidarité Africain (FSA). »

M. Barry a enfin exprimé sa gratitude envers la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et l’agence Enabel pour le respect de leurs engagements financiers, confirmant que tous les circuits hôteliers et les structures d’accueil à Conakry sont d’ores et déjà prêts à recevoir les premières délégations dès le 7 juin.

Par flammeguinee.com