La communauté Diakanké de la diaspora, principalement établie en France et en Occident, s’est unie pour lancer un projet ambitieux : la réhabilitation complète de la Grande Mosquée de Touba. Grâce à une mobilisation exceptionnelle, plus de 1 100 000 euros (environ 9 milliards GNF) ont été collectés pour restaurer ce joyau du patrimoine national.

L’annonce a été faite ce dimanche 18 janvier 2026 à Conakry, lors d’un point de presse animé par les porteurs du projet, la fédération diaspora. Les initiateurs ont bénéficié le soutien total de l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, présent à ce point de presse.

Fondée en 1822 par l’illustre érudit Karamôkoba (Lamine Kaba), la cité sainte de Touba est, depuis plus de deux siècles, un foyer ardent de l’islam et des sciences en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui vétuste, son édifice central nécessite une rénovation profonde.

La particularité de cette initiative réside dans son portage : elle est conduite par la jeunesse de la diaspora, regroupée au sein de la fédération « Diaka ».

« Nous voulons donner du sens à notre vie en créant un pont entre nos pays d’accueil et la Guinée », a souligné Mme Fanta Fona Diaby, responsable de la communication, évoquant une volonté farouche de préserver leur identité africaine.

Moustapha Gassama, chef du projet, a rappelé que cette mosquée a toujours été bâtie sur l’amour et la foi. Pour cette nouvelle étape, la rigueur et la transparence ont permis de mobiliser des fonds records auprès de la solidarité internationale.

Les festivités marquant le début des travaux débuteront cette semaine selon l’agenda suivant :
20 janvier : Lancement du Grand Fidaw (cérémonies de prières); 24 janvier : Conférence scientifique à Touba sur l’éducation et la transmission du savoir; 25 janvier : Pose solennelle de la première pierre en présence des autorités morales et administratives.

Présent lors de cette rencontre, l’ancien Premier ministre, Dr Ahmed Tidiane Souaré, issue de cette communauté, a apporté son soutien total à ce projet qu’il qualifie d’exceptionnel. Il a salué la démarche professionnelle de la jeunesse : « C’est la première fois qu’une telle action est précédée d’une rencontre formelle avec la presse. Cela garantit une visibilité dès le départ. »

Au-delà de l’infrastructure, Ahmed Tidiane Souaré a insisté sur la dimension sociologique de la communauté Diaka, la définissant comme une « nation » en soi, porteuse des valeurs de paix et d’unité nationale. Il a également lancé un plaidoyer pour un accompagnement institutionnel.

« Nous porterons ce projet à l’attention du gouvernement. Le président de la République, le général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, a toujours été attentif aux bonnes œuvres citoyennes. », a-t-il affirmé.

Pour les organisateurs, cette réhabilitation n’est qu’une première étape. L’ambition à long terme est de bâtir un véritable écosystème où la diaspora pourra investir durablement en Guinée, en alliant la sagesse des anciens à l’énergie d’une jeunesse dynamique.

Ce chantier spirituel s’annonce déjà comme l’un des événements majeurs de l’année, porté par une communauté qui se veut « une force morale au service de la République ».

Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com
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