Le problème du Cameroun n’est pas l’insuffisance de ses ressources minières, mais l’échec de sa politique minière et l’absence d’une véritable vision nationale.

Compte tenu de son immense potentiel aurifère, le Cameroun ne devrait pas faire de l’exploitation minière semi-mécanisée le pilier central de son économie minière. Certes, les permis accordés à des entreprises détenues majoritairement par des Camerounais, sur des superficies ne dépassant pas 21 hectares, peuvent favoriser l’entrepreneuriat, l’emploi local et la participation nationale. Toutefois, leur taille et leurs capacités limitées ne peuvent produire la transformation industrielle dont le pays a besoin.

L’exploitation semi-mécanisée devrait servir de porte d’entrée aux entrepreneurs camerounais, et non se substituer à une exploitation minière industrielle convenablement réglementée.

Lorsque des permis de petite exploitation sont utilisés pour extraire des quantités industrielles d’or, les titulaires de permis politiquement connectés, les financiers étrangers et les négociants en or en tirent profit, tandis que l’État perd des recettes, les communautés perdent leurs terres, les travailleurs restent dans des emplois précaires et le pays exporte ses richesses sans bâtir d’industries durables.

Le Cameroun doit adopter une nouvelle vision minière fondée sur :

la transition des gisements économiquement viables de l’exploitation semi-mécanisée vers l’exploitation industrielle ;

la garantie d’une participation significative des Camerounais au capital, à l’emploi et à l’attribution des contrats ;

la création, au Cameroun, d’unités de traitement et de raffinage de l’or ;

la formation des Camerounais dans les domaines de la géologie, de l’ingénierie, de la technologie et de la gestion des mines ;

la transparence de la production, la traçabilité des exportations et une fiscalité appropriée ;

l’application rigoureuse des normes relatives à la sécurité des travailleurs, à la restauration de l’environnement et à la responsabilité sociale des entreprises ; et

l’instauration de la transformation locale comme une obligation légale contraignante, et non comme une simple promesse facultative.

La correction de cette erreur de politique publique pourrait créer de nombreux emplois, renforcer les entreprises locales, développer les communautés minières, accroître les recettes nationales et accélérer l’industrialisation du Cameroun.

Le Cameroun doit cesser de mesurer le succès de son secteur minier uniquement par la quantité d’or extraite de son sous-sol. Il doit désormais l’évaluer en fonction du nombre d’emplois, d’industries, de compétences et d’opportunités qui demeurent dans le pays.

Tel est le cœur de la vision minière du Dr David Makongo pour le Cameroun : transformer les ressources minières en richesse nationale, et faire de l’extraction un moteur d’industrialisation.