Le virage vers l’industrialisation de la Guinée est officiellement amorcé. Ce mardi, dans un réceptif hôtelier de la capitale, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a donné le coup d’envoi des projets et réformes du Pilier 1 du programme présidentiel Simandou 2040. Axé sur la transformation productive, la modernisation du commerce et l’attractivité des investissements, ce pilier marque une rupture historique avec l’économie de rente.

Devant un parterre de cadres de l’administration, de partenaires financiers et d’acteurs du secteur privé, la ministre a donné le ton :

​« Il y a des moments dans la vie d’une nation où les mots ne précèdent plus l’action, mais l’accompagnent. Ce que nous lançons ici n’est pas une déclaration d’intention, c’est le début d’un chantier national structuré et ambitieux : celui de la transformation industrielle et commerciale de la Guinée. »

La fin du modèle d’exportation brute : Place à la valeur ajoutée

Pour la ministre, la politique consistant à exporter les matières premières guinéennes à l’état brut sans valeur ajoutée locale est désormais révolue. Porté par la vision du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, et coordonné par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, le gouvernement fait le choix de la transformation locale.

​Les premières actions fortes annoncées par le ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC) s’articulent autour de trois axes :Relance industrielle : Redémarrage imminent de quatre unités industrielles stratégiques à travers le pays; ​Planification : Élaboration en cours de la Stratégie Nationale d’Industrialisation pour identifier et prioriser les filières d’avenir.; Synergie avec l’Agriculture : Création d’un cadre juridique adapté pour le déploiement de grands parcs agro-industriels, garantissant la sécurité des investissements des terroirs.

Le Corridor de Simandou : Une colonne vertébrale économique

​Fatima Camara a insisté sur le fait que l’immense projet minier Simandou ne se limitera pas à des rails et de l’extraction de fer. Le Corridor de Simandou est redéfini comme un accélérateur de développement pour les communautés locales :

​« Ce corridor ne sera pas un simple axe d’évacuation minière, mais une véritable colonne vertébrale économique intégrant les communautés. Un vaste programme d’aménagement de nouveaux parcs industriels le long de ce tracé le transformera en une chaîne de valeur nationale intégrée. »

Modernisation du commerce et labellisation « Made in Guinea »

​Parce que le commerce est la courroie de transmission de l’industrie, le MIC lance simultanément un vaste chantier de modernisation des infrastructures de marché :​Infrastructures régionales : Construction de marchés modernes à Conakry et dans les sept capitales régionales, pensés en priorité pour sécuriser le travail des femmes commerçantes; Garantie qualité : Lancement du projet de construction du Centre de technologie, d’inspection et de garantie des produits marchands afin de certifier les exportations guinéennes sur le marché international

Un cadre des affaires attractif et réformé

Pour financer et pérenniser ces ambitions, le gouvernement s’attaque aux verrous administratifs. Le Code des investissements est actuellement en cours de révision pour offrir des incitations fiscales plus compétitives. De plus, le Projet d’appui à la compétitivité et à la durabilité industrielle viendra fluidifier le dialogue public-privé.

​En clôturant son allocution, Fatima Camara a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale des banques, des collectivités, des femmes entrepreneures et de la jeunesse guinéenne :

​« La Guinée dispose des ressources naturelles, du potentiel humain et de la volonté politique pour s’imposer comme une grande puissance économique régionale. La transformation industrielle de notre pays commence maintenant. Ensemble, construisons une Guinée productive, souveraine et prospère pour tous. »

Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com