Le projet Kounki, axé sur la résilience climatique, la pêche et l’aquaculture, franchit une étape cruciale. Financé par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD) et le fonds PROBLUE dans le cadre du développement de l’économie bleue, ce programme d’envergure a réuni ses acteurs clés ce vendredi 12 juin 2026 à Conakry, au siège dudit projet à la Minière, pour la première session de son Comité de pilotage.

Cette rencontre de haut niveau s’est déroulée sous le patronage de Fassou Théa, ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime. À l’image du « Kounki » — cet outil de travail traditionnel et indispensable à la pêche, sans lequel la capture du poisson est impossible —, les parties prenantes ont répondu massivement à l’appel. L’objectif : embarquer l’ensemble des acteurs sectoriels pour faire de ce projet un puissant levier de développement. Au cours de cette session inaugurale, le comité a soumis quatre recommandations majeures au ministre.

​À l’issue des travaux, le ministre Fassou Théa s’est prêté aux questions de notre reporter. Le ministre a exprimé sa satisfaction.

« Nous venons de tenir le premier comité de pilotage du projet de résilience communautaire et d’aquaculture « Kounki ». Il est aujourd’hui perçu par tous comme le projet le plus structurant pour le secteur halieutique guinéen depuis notre indépendance. Ma première satisfaction réside dans la présence massive des membres statutaires, ce qui démontre la grande importance que l’État et les autorités accordent à cette initiative.
​Les débats ont été de grande qualité. Il a notamment été question de valider le Plan de travail et budget annuel (PTBA), mais aussi d’ajuster la planification des activités pour qu’elle s’aligne parfaitement sur la politique du gouvernement. C’est le lieu pour moi de remercier Son Excellence Monsieur le Président de la République, qui fait de la transformation de nos ressources naturelles un véritable levier de développement, d’emploi et de bien-être pour la population. Nous attendons désormais une mise en œuvre efficace des résolutions prises, tant au niveau sectoriel qu’auprès des institutions d’exécution. C’est grâce à cette approche intersectorielle, prônée par le chef de l’État, que nous parviendrons à la durabilité », a indiqué le ministre à de don intervention.

​Briser la gouvernance en silo et moderniser les infrastructures
nterrogé sur l’intérêt majeur de ce programme tant vulgarisé, le ministre a souligné que le projet « Kounki » venait pallier des manques structurels profonds.

​« Ce projet vient résoudre plusieurs problèmes, à commencer par le déficit criant d’infrastructures dans notre secteur. Il s’attaque également au défi de l’intersectorialité en instaurant une coordination forte, bannissant définitivement la gouvernance en silo au profit d’une gestion intégrée. Enfin, le projet va améliorer la sécurité et la formation des pêcheurs artisanaux, tout en boostant la pisciculture familiale sur le continent pour la faire passer à une échelle commerciale. »

Un budget de 128 millions de dollars sur six ans
Pour Youssouf Camara, coordonateur du projet Kounki, le succès de cette première session est un signal fort.

« Comme l’a souligné Monsieur le Ministre, nous nous réjouissons de cette mobilisation massive et remercions les différents ministères d’avoir délégué leurs représentants. Le projet prend en compte l’ensemble des contraintes de la filière. Cela va de la recherche halieutique — pour évaluer l’état de nos stocks — à la surveillance maritime afin de sécuriser nos ressources et nos activités en mer. Nous renforçons également les services de contrôle sanitaire pour garantir la qualité des produits de la pêche.

​Sur le plan continental, l’Agence Nationale de l’Aquaculture de Guinée (ANAG) sera appuyée pour aider les pisciculteurs à produire des poissons de qualité. Au-delà des capacités opérationnelles et humaines du ministère, le projet intègre aussi l’aspect genre ainsi que le dédommagement des personnes qui seront déplacées lors de la construction des infrastructures. »

Le coordinateur a également apporté des précisions cruciales sur l’agenda et l’enveloppe financière du programme.
​« Le projet s’étend sur une durée de six ans, avec une clôture prévue en août 2031, et dispose d’un budget global de 128 millions de dollars. Les principaux partenaires financiers sont la Banque mondiale, à hauteur de 100 millions de dollars, et l’Agence française de développement (AFD), qui contribue à hauteur de 23 millions de dollars. Enfin, le fonds PROBLUE, administré par la Banque mondiale, a octroyé un don de 5 millions de dollars pour soutenir spécifiquement les aspects environnementaux. Je remercie le gouvernement pour sa confiance. »

​Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com

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