Sous le haut patronage du Chef de l’État, le Général de Corps d’Armée Mamadi Doumbouya, le gouvernement guinéen a franchi une étape décisive dans la refondation de son économie. Ce mardi 14 avril 2026, le ministère de l’Industrie et du Commerce a officiellement lancé les travaux de révision du Code des investissements, avec l’appui technique de l’agence belge de coopération, Enabel.

La cérémonie, qui s’est tenue dans un réceptif hôtelier de la place, a été présidée par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah. Ce dernier était accompagné d’une importante délégation ministérielle, notamment le Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence, Dr Djiba Diakité, ainsi que les ministres de l’Agriculture, de la Fonction Publique et le Secrétaire Général du Gouvernement. Le secteur privé, représenté par la Chambre de Commerce (CCGUI), et les partenaires au développement étaient également fortement mobilisés.

Le chef de coopération à l’ambassade de Belgique, Cédric Bohi a souligné l’intérêt croissant des entreprises belges pour des secteurs stratégiques comme la santé et la pharmacie, voyant dans cette réforme un levier pour des partenariats mutuellement bénéfiques.
Le représentant résident d’Enabel, Saïd Karmaoui, a réaffirmé l’alignement de la coopération belge sur les priorités guinéennes. Un soutien qui, selon lui, s’articule notamment autour du projet FIERE (Formation, Insertion, Entrepreneuriat, Résilience).
Le secrétaire général du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Mamoudou Touré a, au nom de sa ministre, apporté une analyse rigoureuse sur l’impact fiscal des investissements. Il a révélé que les exonérations fiscales ont atteint 3,4 milliards de GNF en 2023 (soit 1,7 % du PIB), dont un tiers est directement lié au Code des investissements.
« Chaque exonération est un choix d’allocation des ressources publiques. L’enjeu est de passer d’une logique d’attractivité passive à une gestion ciblée, garantissant un retour tangible pour l’économie réelle et la souveraineté nationale », a-t-il précisé.

Un cadre juridique moderne pour une économie émergente

​L’objectif de cette réforme est clair : doter la Guinée d’un instrument juridique plus moderne, lisible et attractif, capable de répondre aux nouvelles réalités économiques mondiales.

Pour Saïd Karmaoui, représentant pays d’Enabel en Guinée, cette initiative est en parfaite adéquation avec les priorités nationales. « Ce renouvellement du Code des investissements tombe à point nommé. La Guinée est à un tournant où il est impératif d’avoir un cadre qui réponde aux nouveaux engouements pour le pays », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de la coopération belge à accompagner les autorités guinéennes.

Le secteur privé au cœur du processus

​Saluant une « initiative structurante », Eric Cole, porte-parole du secteur privé guinéen, a souligné que cette réforme s’inscrit dans la dynamique de transformation portée par le programme Simandou 2040.

​« Le Code des investissements est un instrument essentiel qui oriente et sécurise les flux de capitaux. Cette révision est une opportunité majeure pour renforcer la sécurité juridique des opérateurs et améliorer la compétitivité de la destination Guinée », a-t-il martelé, tout en plaidant pour une rationalisation des procédures administratives.

La vision de la Ministre Fatima Camara

​La ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a exprimé sa satisfaction quant au lancement de ce projet ambitieux. Selon elle, le code actuel doit évoluer pour relever les défis de la transformation locale des ressources et de la création d’emplois durables.

« Nous voulons une Guinée plus compétitive, capable d’attirer des investisseurs sérieux. Cette réforme va nous permettre d’orienter les investissements vers des secteurs productifs et de créer des opportunités pour notre jeunesse », a indiqué la ministre. Elle a également insisté sur le caractère inclusif de la démarche : « Cette réforme sera concertée avec le secteur privé et structurée autour d’une méthodologie claire. »

Un partenariat belgo-guinéen renforcé

​Au-delà de l’aspect réglementaire, cette révision est soutenue par le projet FIERE (Formation Insertion Entrepreneuriat Résilience) d’Enabel. Ce partenariat de plus de dix ans entre la Belgique et la Guinée ouvre la voie à de nouvelles synergies, notamment dans les secteurs de la santé et de la pharmacie, où l’intérêt des entreprises belges pour le marché guinéen est croissant.

​En s’alignant sur les meilleures pratiques internationales, la Guinée se prépare ainsi à tirer pleinement profit des retombées du mégaprojet Simandou, faisant du secteur privé le véritable moteur du développement national.

En clôturant la cérémonie, le premier ministre, Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de rompre avec le modèle de l’extraction brute pour privilégier la transformation sur place. Il a lancé un appel à la responsabilité du secteur privé : « L’État crée l’environnement favorable, mais le secteur privé doit se conformer aux exigences citoyennes, notamment le paiement de l’impôt. Jouer contre l’État, c’est ruiner le climat des affaires. Si l’État faiblit, le secteur privé ne pourra pas prospérer. »
Cette révision marque une étape décisive pour faire entrer la Guinée dans une nouvelle ère économique, où les ressources nationales servent de levier direct au développement social et industriel du pays.

Par Younoussa Bangoura, pour flammeguinee.com

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