Au cœur d’une vive polémique sur les réseaux sociaux après ses récentes déclarations sur l’emploi en Guinée et la situation de la diaspora, le ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Guinéens Établis à l’Étranger a tenu à clarifier sa position. Ce jeudi, face à la presse et en présence de l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, Dr Morissanda Kouyaté a apporté des précisions sur le dossier sensible des Guinéens menacés d’expulsion.

« Je n’ai rien signé » : Le ministre face à l’héritage du passé

D’entrée de jeu, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à lever toute équivoque concernant les accords de rapatriement avec l’Allemagne. Selon lui, la situation actuelle est le résultat d’engagements pris bien avant l’avènement du CNRD au pouvoir le 5 septembre 2021.

« Concernant ce rapatriement, je n’ai rien signé et je ne signerai rien. Mais je porte aujourd’hui le poids des engagements pris par d’autres avant nous. Nous gérons une situation héritée », a-t-il martelé.

Pour illustrer la fermeté du gouvernement face aux expulsions arbitraires, Morissanda Kouyaté a rappelé le cas d’un jeune Guinéen expulsé de France dans des conditions qu’il a jugées inacceptables.

« Un jeune a été expulsé de France alors qu’il se rendait au travail. Il a été renvoyé à Conakry sans même son téléphone. J’ai dit à l’ambassade de France qu’il repartirait. Nous avons travaillé et il est retourné en France, non plus avec un CDD, mais avec un CDI », a-t-il rappelé pour démontrer que la Guinée n’accepte pas que ses fils soient expulsés sans ménagement.

Évoquant le dossier allemand, le ministre a précisé que les personnes visées par les mesures de retour sont celles ayant épuisé toutes les voies de recours légal.

Le ministre a annoncé avoir demandé un moratoire pour faire la lumière sur des cas de mauvais traitements signalés par certains compatriotes.
Enquête conjointe : Une commission devra établir si des Guinéens ont été molestés afin de condamner les responsables.

Négociation diplomatique :<

« L’Allemagne n’est pas toute-puissante en Guinée, et nous ne sommes pas tout-puissants en Allemagne. Il faut négocier pour le bien de nos 6 000 compatriotes en situation irrégulière », a-t-il ajouté.

Une diplomatie de fermeté et de dialogue

En conclusion, le ministre a réitéré la volonté du gouvernement de ne pas abandonner la diaspora, tout en reconnaissant la complexité des règles internationales. Face aux critiques l’accusant de fragiliser les familles vivant des transferts de fonds de la diaspora, le Dr Kouyaté insiste sur une approche pragmatique : protéger ceux qui peuvent l’être et encadrer dignement le retour de ceux qui n’ont plus d’options légales.

Par flammeguinee.com